Compte rendu
26 décembre 2018
Sur proposition de Kévin Bideaux, qui nous avait envoyé l’information, nous avons pu assister à la table-ronde organisée le jeudi 11 janvier 2020 par le Centre nationale d’art et de culture Georges Pompidou. Cette initiative rassemblait autour du thème de l’exposition en cours au musée national de céramique à Sèvres, « l’expérience de la couleur », quatre intervenants de renom. Une journaliste du Figaro animait les débats.
Kévin Bideaux, Yves Charnay, Laurence Tardy, Mélanie Yonge, Judith Goyaud- Schiltz et Patrick Callet ont donc tenté d’entrer dans la salle alors que les listes d’inscription étaient closes. Nous étions alors sur liste d’attente. Yves Charnay, qu’il en soit ici remercié, a insisté auprès des organisatrices pour que le président du CFC puisse entrer. Ce qui fut donc fait. Les autres membres du CFC avaient la possibilité de suivre les débats dans une salle annexe au niveau supérieur mais sans pouvoir interagir avec les orateurs. Ce manque d’organisation les a découragé et je suis resté dans la salle avec Mélanie Yonge, venue en compagnie de Suzanne Marest (présidente d’honneur du Comité Français de la Couleur), lesquelles avaient pu réserver leurs places auparavant.
Les orateurs, Nelly Rodi (spécialiste de cahiers de tendance), Emmanuel Voss (sculpteur céramiste), Christine Germain-Dumas (conservatrice du musée de Sèvres) et Pierre Hermé (« le meilleur pâtissier du monde »), ont répondu tour à tour à quelques questions de la journaliste.
Dès le début il fut question du rose, des nuances de rose, de rose Pompadour et il faut bien l’avouer d’un peu charabia pseudo-chromatique. La difficulté technique d’obtention des rouges en glaçures sur céramique, la couleur crue (formulée en aveugle par les artistes qui ne manipulent que des oxydes grisâtres) et la couleur cuite furent brièvement exposées. J’at- tendais presque « la couleur du pot au feu », mais ça ne vint pas. Cette partie était néanmoins fort claire bien que les mots en commun, qui faisaient sens et partage des savoirs des intervenants, n’apparaissaient pas.
Quelques questions sur le langage de la couleur. Pierre Hermé, très peu bavard, expliqua que pour lui c’est le goût qui compte avant tout et que la couleur est une préoccupation secondaire. Les questions de vocabulaire passèrent alors par le bleu et le vert. On apprît que le bleu était historiquement utilisé pour masquer des défauts de fabrication ; belle découverte que le bleu de Sèvres (XIXe siècle), similaire au bleu de Chartres (XIIe siècle) par sa composition contenant du Cobalt ! Cela me fit penser à l’utilisation du noir pour les pianos de concert. Ce fut en effet, pour masquer les défauts de marqueterie que les pianos furent en deuil durablement. En céramique, les verts au cuivre produisirent la couleur napoléonienne par excellence.
Une petite histoire de la découverte du secret de fabrication de la porcelaine un petit tour de table sur la couleur préférée de chaque intervenant, l’histoire du Kanji qui signifie aussi bien « couleur » que « coureur » (entendre de jupons). Il ne fut ni question du brillant ni de l’apparence visuelle. Je percevais ça comme une impression de causerie de salon. Je me disais que les ré- unions organisées par le CFC étaient d’un bien autre niveau, de passion, de contenu et que leçon nous était donnée de ce qu’il conviendrait d’éviter quand on s’adresse à un public large.
En bref, ce fut une soirée grand-public qui nous laissait sur notre faim également parce qu’aucun des intervenants n’avait apporter pour montrer, ou mieux, faire circuler, d’échantillons des matières objets de leurs discours ! Nous avons vu nombre d’images de tissus, de céramiques, de pâtisseries et entendus quelques litanies partagées sur ces images numériques qui ne peuvent rendre compte de la réalité sensible. Je tentais de contrôler mon agacement.
La soirée s’achevait par un temps extrêmement bref réservé aux questions de la salle. Trois questions purent tout de même être posées. La première, dont je ne me souviens pas du contenu, ne m’a pas marqué et était le fait d’une participante, qui manifestement ne connaissait que peu de choses du monde de la couleur et de l’apparence. La seconde question, formulée par Suzanne Marest du Comité Français de la Couleur, fut longue et portait sur les céramiques bleues créées par Olivier Guillemin, le président de ce comité, céramiques que l’exposition à Sèvres n’aurait pas mises en valeur ou pas exposées du tout. J’ai eu la chance de pouvoir poser la 3e et dernière question. En fait ce fut plus une petite série d’observations sur ce qui avait été dit.
Je voulais, à la suite du Comité Français de la Couleur faire entendre la voix du Centre Français de la Couleur. Je fis remarquer que les intervenants avaient un mot de vocabulaire de racine commune et que l’on retrouve dans glacis, glaçure, glaçage et fis part de mon étonnement quant à l’absence totale de ces mots dans les exposés. Sur le mot Rose, prononcé au début, je mentionnais la présence d’un spécialiste de la question, Kévin Bideaux, l’homme tout vêtu de roses et membre de notre association. Je lui demandais, car supposais qu’il entendait les questions, de venir nous rejoindre pour interpeller directement les orateurs et oratrices sur ce qu’ils avaient énoncés. Mais Kévin ne vint pas ! Sans doute avait-il déjà quitté les lieux. Je terminais mes remarques par l’annonce de notre conférence AIC 2020 au Palais des Papes.
Quelques participants sont venus me voir au moment où nous devions quitter la salle (140 places maximum). C’est ainsi que je fis la connaissance de Sophie Mouton-Brisse, coloriste-conseil en décoration et formatrice, qui devint membre du CFC dès le lendemain.